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L'Express
- jeudi 21 novembre 2002 - Au-delà du virtuel
Pour lire l'article
de Jean-Claude
DUNYACH, cliquez sur le lien :
Le
Monde - vendredi 12 juillet 2002 - Un Golem à trois
têtes
Quand
la famille Murail revisite et réactualise avec bonheur la fable
séculaire.
Faut-il
y voir un hommage à Dumas, héros de l'« autre bicentenaire
», mais l'année semble placée sous le signe du feuilleton.
Tandis que Nathan a entrepris avec succès la publication des aventures
des Orphelins Baudelaire, voilà que le projet Golem donne le frisson
aux lecteurs en herbe. On est cependant loin des déclinaisons faciles
à la « Chair de poule » dont se moquait impitoyablement
Christian Lehmann dans La Citadelle des cauchemars (Ecole des loisirs,
1998). En cinq épisodes, c'est à un avatar moderne d'une
fable séculaire qu'est confronté le lecteur. Issue de la
tradition juive, l'édifiante histoire du rabbi Loeb victime de
la créature d'argile qu'il avait façonnée pour en
faire un serviteur modèle, et qui s'avéra un si terrible
danger que sa destruction s'imposa, condamnant du même coup son
imprudent géniteur, avait déjà inspiré un
classique de la littérature fantastique à Gustav Meyrink
(Le Golem a reparu en avril dans la « Bibliothèque cosmopolite
» de Stock - traduit de l'allemand par Denise Meunier, 336 p., 8,9
euros). Mais, dans la reprise du thème par la fratrie Murail, la
cité des Quatre-Cents a remplacé la Prague de la légende,
et Golem est désormais un jeu vidéo qui invite l'intemaute
à fabriquer la créature de ses rêves, au risque de
réveiller de vieux démons.
Mélange
des genres
En
trois mois seulement, quatre volumes ont ainsi conduit le lecteur impatient
sur la piste d'une organisation criminelle, l'inquiétante multinationale
MC, qui par son piège informatique diffuse des messages subliminaux
d'une terrifiante efficacité. Pour déjouer ce complot monstrueux,
Majid Badach, un cancre sympathique et quelques-uns de ses condisciples
de 5e, de Sébastien, surprenant premier de la classe, à
Samir, que guette la délinquance, un prof de français dynamique,
Jean-Hugues de Molenne, plus tard Nadia, qui enseigne les SVT, et des
créatures virtuelles qui obéissent à un grand maître,
le ténébreux Alias.
Croisant les genres, du polar à la science-fiction, les Murail
savent aussi retrouver la complicité qui tissait le monde chaleureux
du Petit Nicolas. Il faut bien ça, tant l’intrigue, étourdissante
de rebondissements, distille une leçon féroce du monde contemporain.
Non pas tant sur le monde le plus familier (l’école, les
relations parents-enfants ou la vie dans la cité de banlieue chargée
de retrouver la géographie ombreuse de Prague), mais sur les enjeux
plus directement politiques, manipulation, emprise psychique ou déréalisation
qui aliènent le consommateur comme le citoyen. Car, derrière
les extravagants développements du feuilleton où les personnages
pittoresques le disputent aux reprises de la grammaire des jeux vidéo
(de Bubulle le dragon à l'attachante Natacha, « golémette
» aux allures de vamp qui décompte ses vies restantes et
combat la MC avec son « dégom-laser »), se révèle
un authentique message humaniste, lumineux à force de simplicité.
L'esprit d'entraide, le respect de l'autre, la préservation du
libre arbitre et le combat pour la liberté de conscience, la solidarité
nécessaire aussi pour que le projet de chacun devienne l'affaire
de tous, voilà qui pourrait sentir sa leçon de morale. Et
alors ? Le danger civique autorise-t-il le scepticisme moqueur ou la distance
amusée ? D'autant que l'humour et la vivacité de la plume
des Murail interdisent toute pesanteur, toute baisse de régime.
On s'étonne du reste de la prouesse réalisée par
les trois auteurs. Si chacun a pu constater la singularité des
écritures de Marie-Aude (dont le récent Mytho disait la
dette envers les géographies imaginaires de Jules Veme), de sa
cadette Elvire (elle signe Moka ses textes pour la jeunesse) et de leur
frère aîné Lorris, dont le goût pour la navigation
à travers les genres littéraires pourrait faire croire qu'il
est l'architecte de ce Golem polycéphale, bien malin celui qui
pourrait faire le départ de ce qui revient à chacun dans
ce collectif familial inédit. C'est que, au travers de cette fable
captivante des plus contemporaines, c'est un esprit d'enfance partagé
qui nourrit un récit haletant dont on nous promet le dénouement
à l'automne. De quoi rêver déjà de la fin des
vacances...
Philippe-Jean CATINCHI
AFP
30 Mars 2002 09H41 GMT -10H41 Heure Paris Jeunesse-édition "Golem"
: entrez dans la réalité virtuelle avec les Murail, frère
et soeurs. (383 MOTS)
PARIS,
30 mars (AFP) . Majid, 12 ans, gosse des Colibris dans la cité
des Quatre-Cents en banlieue, gagne par hasard un ordinateur dernier cri,
superbe mais inquiétant car s'y installe tout seul et s'y inscruste
en maître un jeu aussi fascinant qu'étrange, Golem, l'incontrôlable.
C'est le début d'une amitié entre Majid et Jean-Hugues,
le jeune prof un peu dépassé par ses élèves
mais fondu d'ordinateurs. C'est également le début d'une
aventure à rebondissements où se mêlent réalité
et virtualité, fausses , alertes et vrais méchants. C'est
enfin le début d'une saga, "Golem" , écrite à
six mains par les Murail, frère et soeurs, pour les enfants à
partir de dix ans.
Écrivains prolifiques tous les trois (ils totalisent 148 livres
essentiellement pour la jeunesse), Lorris 50 ans, Marie-Aude 47 ans, et
Elvire Murail 43 ans, ont retrouvé leur complicité d'enfants
et conçu ensemble cette histoire en forme de feuilleton à
suspense comme au XIXème siècle mais très actuelle.
Située en banlieue, elle traite d'emprise psychique par le jeu
vidéo, de confusion entre vrai et faux, de manipulation commerciale
avec images subliminales, de fichage et finalement de liberté.
Les Murail ont puisé dans leur culture, réinventant le mythe
juif du Golem et de l'apprenti-sorcier pour le faire naviguer sur le net
et le transposer chez les jeunes beurs de banlieue, jouant sciemment du
paradoxe. Enigmes tenant sans cesse en haleine, panique dans la cité
et grands moments de terreur, passages d'une drôlerie jubilatoire
aussi et toujours une tendresse absolue pour les personnages : la saga
"Golem" se déroule en cinq épisodes. Les deux
premiers, "Magic Berber" et "Joke", sortent simultanément
le 4 avril chez Pocket jeunesse. Le tome trois est prévu en mai,
le quatre en juillet et le dernier, où tout va se dénouer,
est prévu pour le mois d'août. "C'est un vrai plaisir
d'éditeur, un véritable cadeau que cette histoire qui amène
à réfléchir sur des problèmes majeurs de notre
temps sans oublier d'être haletante", souligne la directrice
littéraire de Pocket jeunesse, Natacha Derevitsky. "C'est
une saga qui devrait "vivre" très longtemps, devenir
un classique", ajoute-t-elle.
MPL/mfo/sp
Je
Bouquine n° 218 - avril 2002 - p. 96-97.
Coup
de coeur - Golem
Golem...
Retenez bien ce nom : dès que vous plongerez dans le premier tome
de cette série, vous aurez envie de lire tous les autres !
Pas
de chance pour Jean-Hugues : on vient de confier à ce jeune prof
de français la terrible 5ème6, la plus mauvaise classe du
collège des Quatre-Cents. Jean-Hugues fait ce qu'il peut avec ses
élèves, quitte à leur parler de jeux vidéo.
Il joue même à distance avec Majid, un élève
qui vient de gagner un ordinateur. Mais très vite, un personnage
inquiétant envahit leurs écrans. Un certain Golem qui adresse
d'obscurs messages... Est-ce un hasard si, au même moment, il se
passe des phénomènes étranges aux Quatre-Cents ?
Lire
aussi dans ce numéro de "JiBé" l'interview d'Elvire,
Lorris et Marie-Aude.
Citrouille
n° 31 - avril 2002 - p. 27-28
Golem
- T.1 : Magic Berber
Tout d'abord, on est dans la vraie vie, celle d'une banlieue "difficile"
: grand ensemble dégradé, population d'immigrés à
la vie familiale souvent désorganisée, bandes de jeunes
soupçonnés de trafic de drogues en arrière-plan.
Les personnages, vite et bien campés à partir de dialogues
souvent savoureux, ce sont les élèves de la pire classe
de cinquième du collège et Jean-Hugues, leur tout jeune
prof de français, assez immature et fan d'Internet. Majid, l'un
des moins méchants cancres de la classe, gagne miraculeusement
un ordinateur : connecté sur le réseau, il devient très
vite "accro" de jeux. Insidieusement, en sympathie, avec les
personnages, le lecteur passe du virtuel au mystère, puis à
la magie et au fantastique le plus angoissant. A la fin du roman, on devine
derrière tout ça une sombre machination supra-naturelle
et on brûle d'en savoir plus (il y a une suite). L'intrigue est
un peu convenue, mais très habilement menée dans ce premier
tome ; l'humour, le suspense et la verve des personnages emportent l'adhésion
du lecteur.
Comptines
Lire aussi l'interview Le Golem des Murail où Elvire, Marie-Aude
et Lorris s'expliquent sur le travail à trois, la pertinence de
leur vision du monde des ados et leurs références littéraires
(SF, fantastique, BD).
Lire
n° 304 - avril 2002 - p. 40-43
Lire
présente sur 4 pages un extrait de Magic Berber : le chapitre III
et le début du chapitre IV, soit les pp. 25 à 37 du livre
[note du webmestre : attention, la mise en page de Lire ne respecte pas
le découpage du texte, ce qui rend incompréhensibles certains
enchaînements et certaines ruptures].
Jean-Hugues
de Molenne est prof. Prof de français aux Quatre-Cents, en 5ème6
exactement, la pire des classes. A l'appel : Mamadou la choure, Samir,
Aïcha et Nouria, Farida qui pue, Zeinul qu'est trop nul, Stéphane
[note du webmestre : il n'y a pas de Stéphane mais un Sébastien,
qui est par ailleurs le premier de la classe] et Majid le cancre. Pour
les affronter en groupe, la famille Murail s'y est mise à trois
sous la houlette de Marie-Aude, auteur pour la jeunesse du genre chevronné.
A trois, ils ont bien fait. Car tout s'emballe dès le deuxième
chapitre. Majid le cancre a gagné un ordinateur aux "Trois
Baudets" et JH2M est bien obligé de lui apprendre à
s'en servir. Ça commence comme une histoire de prof sympa qui s'amuse
avec un gosse sur le web et ça bascule d'un coup dans l'horreur,
le fantastique, l'irrationnel en veux-tu en voilà, avec bain de
sang à la clé. Qui est ce Golem qui squatte l'écran
et impose sa loi aux joueurs ? Pourquoi ces bruits dans l'appartement
vide ? Quid de ces spectres tueurs ? Murail & Cie ne répondent
pas aux questions d'un seul coup. Ils ont bien l'intention de faire durer
le suspense pendant quelques volumes. En attendant la suite de ce Magic
Berber number one de la série Golem, ils nous filent une pétoche
carabinée : on n'ouvrira plus son Mac avec la même insouciance...
L.L.
Amazon.fr
Jeune
professeur de français, Jean-Hugues doit affronter régulièrement
les élèves de la redoutable 5e 6, classe peuplée
de petits durs de la cité des Quatre-Cents. Stéphane, Farida,
Mamadou et surtout Samir rivalisent d'insolence. Mais dans la classe,
il y a aussi Sébastien, Aïcha et Majid. Lorsque ce dernier
gagne un ordinateur, une amitié naît entre le cancre et son
prof adolescent attardé, sur fond de jeux en réseau. Bientôt,
un mystérieux programme apparaît sur leurs écrans,
en même temps qu'une série d'incidents électriques
bizarres. Puis, un étrange fantôme hante les caves de l'immeuble...
Quand la fratrie Murail (deux sœurs et un frère, tous écrivains)
organise un tir groupé, elle frappe dans le mille et nous offre
un roman au ton juste, pimenté d'une bonne dose de frissons. Le
fantastique fait irruption dans le cadre très réaliste d'une
cité HLM, restitué sans complaisance mais avec beaucoup
de tendresse et d'humour. Attention toutefois : un effet d'accoutumance
est à craindre. Personnages attachants, style alerte, intrigue
bien ficelée, émotions, suspense... Il est bien difficile
d'interrompre la lecture de Golem 1, laquelle entraîne un irrésistible
besoin de connaître la suite. Autant le savoir avant de se lancer
dans l'aventure. Une expérience virtuelle conseillée à
tous les plus de neuf ans.
Pascale
WESTER
Le Progrès de
Lyon - dimanche 7 avril.
Des
frissons entre les pages
Des
parfums entêtants de mystère, d'angoisse et de magie flottent
au-dessus des bibliothèques des jeunes lecteurs, et les sorties
de ces derniers jours vont encore accentuer le phénomène.
Chez Pocket junior tout d'abord, avec le premier volume d¹une série
de cinq romans écrits à six mains, en famille, par le clan
Murail : Marie-Aude, Elvire et leur frère Lorris. C'est Golem,
conçu comme un feuilleton en cinq épisodes construit autour
du thème de la manipulation.
Dans le collège des Quatre-Cents, un élève de 6e
et son prof de français se lient d¹amitié autour d¹une
passion commune, les jeux sur ordinateur. Jusqu¹au moment où,
depuis l¹écran, un être de boue et de poussière
prend le contrôle de leur clavier : la peur s'installe alors sur
cette cité de la banlieue parisienne et dans les caves des immeubles
où est découvert un cadavre.
Promis, tous les collégiens et leurs enseignants se retrouveront
dans cette description pourtant parfois ahurissante de la vie d¹une
classe. D'ailleurs, par-delà le plaisir de la lecture, les auteurs
de Golem entendent proposer aux lecteurs, adultes et jeunes, un espace
de dialogue et de débat sur l¹école, les relations
parents/enfants, la liberté, le respect de l'autre.
Les deux premiers tomes, Magic Berber et Joke, sont parus le 4 avril.
Prochain rendez-vous en mai.
(À partir de 10 ans. Chaque volume : 5 euros)
Patrice GAGNANT
Nice-Matin - dimanche
7 avril 2002.
C'est
une sorte d'événement qui déboule en avril dans le
petit monde de la littérature pour la jeunesse. La famille Murail,
ce sont deux soeurs, Elvire et Marie-Aude, et un frère, Lorris
(déjà signalé dans "Ailleurs"), unis pour
concocter une mini-série de cinq romans sous la dénomination
collective de "Golem". [...]
Notre Golem à nous, celui du trio Murail, est un redoutable jeu
électronique en réseau qui pirate les computers fournis
par une mystérieuse organisation occulte et multinationale (pléonasme
?) dont les tentacules enserrent aussi bien les hypermarchés Mondiorama,
où l'on bourre les mômes de produits suspects et de "pâte
à prout" hallucinogène, que la cabalistique firme MC
dont les hommes de main ou les ordinateurs sont hautement dangereux. En
prime, ce jeu prend la tête des héros, quelques gamins majoritairement
immigrés dans une cité sans âme et leur jeune prof
de français qui pratique la baston vidéo sous le pseudonyme
"en ligne" de Caliméro. Cerise sur le gâteau, l'addiction
intensive suscitée par Golem semble donner naissance à des
créatures en rupture d'écran, sans oublier ce "monstre"
tout électronique, se développant dans les caves à
chaque connexion? Et puis, cette imprimante qui se déclenche toute
seule pour ordonner : "Joue, je t'attends"...
Les écrivains Murail totalisent à eux trois près
de 150 livres, mais c'est leur première oeuvre collective. Comment
peuvent-ils écrire à six mains alors qu'ils se déploient
entre Paris et Bordeaux ? Selon Lorris, c'est faisable à condition
de ne pas lésiner sur le téléphone ou l'internet
et de se retrouver périodiquement. Ainsi qu'il nous l'explique
: "En gros, Elvire défriche le terrain puis Marie-Aude et
moi nous répartissons l'écriture des chapitres, chacun suivant
de préférence certains personnages, certaines lignes de
l'histoire. Tout est constamment retravaillé, jusqu'à ce
que nous soyons satisfaits."
Ils sont spécialisés dans la littérature pour la
jeunesse et connaissent assez bien les amusements, le langage, les habitudes,
heurs et malheurs du lectorat auquel s'adresse prioritairement "Golem".
Leur écriture est un modèle de fluidité, d'élégance
et d'authenticité, les personnages nous sont attachants d'emblée.
Voici une oeuvre qui ne prend pas les gamins pour des idiots. La vision
sociale qui est proposée, d'un humanisme chaleureux, l'engagement
"antimondialisation", l'humour parfois subversif, la fine ironie
de la morale, destinent évidemment cette série à
un public très large et devraient séduire les adultes curieux
autant que leurs rejetons. Bien sûr, nous en reparlerons.
Manu SALUDO
L'Est républicain
- mercredi 24 avril 2002.
Un
suspense à six mains
A
eux trois, ils comptabilisent... 148 livres, la plupart pour la jeunesse.
Les 149ème et suivants, ils les ont écrits ensemble, sans
"affrontement" sourit Marie-Aude Murail qui, avec Elvire, sa
petite soeur et Lorris, leur frère, signe "Golem", une
histoire déclinée en cinq volumes à paraître
d'ici la fin août. Une histoire qui prend son envol dans une cité,
les Quatre-Cents, où "toutes les HLM se ressemblaient sinistrement"
et qui, par le biais de l'Internet, flirte avec le fantastique.
A
en perdre le verlan
L'intrigue
démarre pendant le cours de français de Jean-Hugues de Molenne,
dit "Caliméro", un jeune professeur d'une classe de cinquième,
"la plus mauvaise du collège". En cette rentrée
de janvier, c'est Majid, Petit Poucet d'origine berbère, qui fait
l'événement : il a gagné aux Trois Baudets un ordinateur,
lequel ordinateur ouvre son écran sur un jeu mystérieux,
Golem, clin d'oeil aux racines juives de la fratrie. Le jeu est en abyme
et leur fait perdre à tous, enseignant comme enseignés,
leur verlan.
"Depuis l'enfance, on plonge dans l'imaginaire", explique Marie-Aude,
la plus primée des trois écrivains, récompensée
notamment pour "Oh, boy !" par le Prix Jeunesse France Télévision
2000, le Prix "Pot de billes" 2001 de Montbéliard et
le Prix "Territoire de Lecture" de Belfort. A 48 ans, cette
mère de trois enfants a déjà vendu quelques millions
d'exemplaires, dans une dizaine de langues : "Papa est poète
et peintre, maman était journaliste, notre frère aîné,
Tristan, est compositeur de musique et professeur à l'université
de Columbia à New-York. Mais je crois qu'on écrit plus par
imitation que par hérédité !", s'exclame-t-elle.
Si elle vit à Bordeaux, Elvire et Lorris à Paris, c'est
autour d'un cahier vierge qu'ils se sont retrouvés. Ils n'avaient
jamais collaboré tous les trois : "J'ai oublié qui
a eu l'idée le premier de ce sujet, mais nous étions d'accord
pour que cela se passe en banlieue, une banlieue qui ne soit pas misérabiliste,
et qu'il y ait une composante fantastique." Pendant deux ans, ils
ont noirci les pages, qu'ils ont testées à voix haute, Marie-Aude
surtout au gré de ses déplacements nombreux dans les salons
du livre et les établissements scolaires : "La littérature
jeunesse est souvent la dernière cartouche des professeurs pour
faire lire", affirme-t-elle.
Des
joies partagées
Avec
Golem, où l'humour est omniprésent, ils ont voulu, en plus
d'un suspense habile qui ne sera levé qu'à la toute fin
(même le titre du dernier tome est secret), évoquer ce médium
que l'on dit "froid" et qui ne l'est pas pour Marie-Aude Murail
; "Il faudrait rendre plus démocratique l'Internet. Ce qui
est grave, c'est qu'il soit confisqué. Le vrai danger, ajoute-t-elle,
ce n'est pas l'invasion prétendue du virtuel, c'est sans verser
dans la tarte à la crème, le poids des multinationales."
Connue de nom par les parents qui lisent ses romans par dessus l'épaule
de leurs enfants, la romancière jeunesse revendique cette fonction,
heureuse que le succès mondial d'Harry Potter ait permis de "décomplexer"
tous ceux qui traitaient avec condescendance ce secteur de l'édition
à forts tirages et modestes auteurs : "C'est une littérature
dont on partage les joies en famille" soutient-elle, "lire,
c'est devenu tendance, tant mieux". Avec "Golem", elle
reste fidèle à sa déontologie : la fin n'est pas
démoralisante. "Les pessimistes, insiste-t-elle, ne seront
jamais que des spectateurs, j'écris, nous écrivons, pour
les acteurs. Quand il y a du dynamisme, tout est possible."
Michel VAGNER
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